Lundi 2 août 2010 1 02 /08 /Août /2010 21:23

"North. Look North more often. Go against the wind, you'll get ruddy cheeks. Find the rough path. Keep to it, it's shorter. North is best. Winter's flaming sky, summer-night's sun miracle. To the North the grey geese are flocking to the land where fables are spun, where the day lies quietly dreaming in the pale fire of the midnight sun. Look North. More often. Go against the wind. Climb mountains. This land is long. Most is North."

 

sommarøy

Par Maxxp - Publié dans : Ni l'un ni l'une ni les autres
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Lundi 2 août 2010 1 02 /08 /Août /2010 19:58

  Qu'y a-t-il après ça ? Je ne sais pas ; personne ne le sait. Et il y a aussi tout ce qu'on ne raconte pas, pas encore.

  Merci aux âmes croisées et aux cœurs perdus - Accrochés, décrochés ; toujours connectés et envolés à jamais.

 

 


 

 

 

 


Par Maxxp - Publié dans : Lettres
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Mercredi 14 juillet 2010 3 14 /07 /Juil /2010 16:04

  C'est ce soir que je retrouve Babycakes et Ju et qu'en quelque sorte je commence à terminer vraiment cette belle aventure – Mais avant de les retrouver, j'ai eu quelques jours pour revoir tout le monde au port, je veux dire toute la bande OSCI et des ombres qui persistent, qui disparaitront surement un jour, question d'autres choses – Je les retrouve donc, ces deux têtes rencontrées l'année passée, mais il y a du changement, du grand changement. Pendant une chaude nuit d'été boréale avec Pina, je n'arrive plus à dormir avec cette pauvre luminosité faisant mine de nuit, et alors, comble de l'homme moderne, je regarde dans ma boite aux lettres électronique et j'apprends par une missive amicale que ces deux anges ont décidé je ne sais foutrement comment de se mettre ensemble – Babycakes et Ju ne sont plus entre deux des amis, ce sont des amoureux, et dès lors, tout ne sera jamais plus comme avant. J'ai mis du temps à réaliser, et Pina qui dormait s'en foutait comme de l'an 40, et j'étais heureux pour eux, mais je ne comprenais pas, c'était tout simplement un fait, je savais que je perdais à ce moment un peu de leur amitié dans ce coup là, mais que cela ne tienne tant mieux s'ils sauraient mettre ça dans leur amour, quoi – Tout ça, c'était Rock'N'Roll, et puis c'est une belle affaire que d'être amoureux, lieu commun combien pourtant vrai.


  Je retrouve donc les zigotos chez Babycakes - ah mais avant ça, je passe chez mon pote Clem qu'a repris mon ancien appartement, un chic type et déjà il me sert à boire, mais je ne reste pas et c'est dommage - et à mon arrivée à la médiathèque Willinger qui est notre «place to be» qui sent les pâtes carbo le café le thé et le vin cuvé des oliviers, je retrouve un bel accueil et quel plaisir de revoir leurs sourires, et il y a ce sacré vieux Étienne d'Avignon, l'homme qui m'a fait rencontrer les haïkus ; il y a aussi deux filles qui ont l'air talentueuses, mais je ne les connais pas, et qui sais, j'aurais surement l'occasion un jour de les connaitre et j'en parlerais plus longuement alors, de l'ancienne de Salamanque, et Lulu qu'a un nom prénom breton mais qu'est de Picardie aussi, car j'en connais d'autres dans le même genre. On mange tranquillement tandis que je manque de mourir à l'attentat piégé de ma chaise qui s'écroule, de suite j'envoie mes troupes en Afghanistan et s'en est fini des talibans – On mange on picole un peu, mais le monde rentre chez lui parce que, parce que c'est triste parfois le monde ; toutes façons, nous partons demain matin à 7h pour l'Espagne et nous avons une journée de route alors faudrait pas faire les malins non plus, sous peine de voir des monstres en moulins sur notre chemin.


   L'aube nous est déjà jour quand nous prenons la route, après des recherches archéologiques pour trouver le ticket de parking, on s'en sort tout de même rapidement et à nous la route – Un vieux break qui est fait pour rouler, voilà ce que nous conduisons – Ju conduit jusqu’après Toulouse – Toulouse, la ville des possibles, si frétillante, excitante – Et je conduis jusque notre arrêt de midi à San Sebastian, c'est déjà l'Espagne Bon Dieu, le Pays Basque et ces indépendantistes, ça peut péter à tout moment, mais bien sûr, ça n'arrive pas. Nous mangeons sur la plage et c'est fou, il y a une semaine en Italie avec la Madonna il y avait Saint-Sebastien s'incrustant par tous les moyens sur les tableaux du Duc d'Urbino, et maintenant, avec Babycakes et Ju, NOUS SOMMES à Saint-Sebastien ! Il y a alors la plage et son air frais qui donnent du courage aux surfeurs, et nous nous réfléchissons sur la taille de la digue et de la relativité de sa perspective face aux humains, et d'autres viendront nous dire que la vie n'est pas belle. Ju reprend le volant, puis c'est moi qui opérationne pour l'entrée en ville et «tout le monde change de trottoirs, c'est la panique sur les boulevards», et voilà on s'arrête. Non de Zeus, je vais passer dix jours dans une ville dont je ne parle plus la langue, j'ai oublié tout de l'Espagnol, mais tout reviendra, après quelques chopes...Bienvenido en Salamanca.

 

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   Visite rapide de l'appartement en collocation de Ju, qui dans 10 jours aura une chambre de disponible de nouveau, puisque pour lui s'en sera fini de toute cette comédie d'Erasmus, il vivra la vraie vie avec sa Dulcinée au moins pour un bout de toujours – S'en sera fini aussi pour Pedro qui vit aussi ici et chez qui je me dirige pour poser mon baluchon – Pedro, c'est l'idéologue trotskiste, qui aime autant que moi les voyages et la bringue (plus que moi pour la bringue, c'est un Breton vous dirait-il) et donc l'alcool, le Rhum, en tant que Breton il a le pied marin et il en abuse comme ce soir-là à Tromsø où il s'est perdu dans les bras de Laurette en rêvant de la serveuse du Meiereit qu'il n'avait jamais vu auparavant, mais qui comme les sept meiereits merveilles du monde méritent d'être vues ressenties, et avec du Rhum c'est encore mieux, mais le lendemain matin il faut encore qu'on se raconte tout de nos maigres souvenirs ; et oublier, c'est ce qui fait que nous avons des souvenirs. Je me dirige donc vers la calle San Justo que Ju m'a montrée rapidement sur une carte – Ni une ni trois j'avance et je décide unilatéralement de me perdre – Non, mais, fallait vraiment voir ça, la nuit tombait et la lune surveillait la ville, quelle ville ! Une merveille du monde, c'est historiquement beau, ces rues médiévales et ces rues médiévales, quel pied, dire que Don Quichotte et Sancho sont un jour passés par là, non ? Faut quand même dire que l'Espagne c'est Don Quichotte et pas grand chose d'autre, parce que Zorro il est de Californie non ? En parlant du cavalier qui surgit hors de la nuit, et bien il y a plein d'endroits en ville qui font penser justement qu'à tout moment il viendra au travers d'une fenêtre pour signer son nom d'un Z qui veut dire Zorro...- L'Espagne c'est vrai, c'est aussi la guerre civile entre 1936 et 1939 et d'ailleurs Salamanca est une terre fasciste, plus Espagnole en Espagne qu'ici, y a pas, ils sont plus madrilènes que les Madrilènes si je puis dire. Quelle ville donc, et je me perds et je m'arrête plaza de Annaya pour que Pedro vienne me sauver de la beauté urbaine médiévale – Le voilà qui surgit hors de la nuit, malheureusement sans Tornado, et il m'entraîne voir si je peux trouver la grenouille ; oaui la grenouille c'est LE TRUC DE SALAMANCA, que si tu la trouves pas et bien t'auras pas tes exams ou tu auras une vie assez dégueulasse et personne ne sera jamais jaloux de toi (sans compter l'absence de sexe pendant douze décennies), bon, je reviendrai plus tard voir si j'ai une chance d'être heureux dans ma vie – Après, il me montre la plaza Mayor, ornée dans un coin par le profil dictatorial de Franco, il était ici chez lui tout de même, oh. Et puis, on se boit un litre de cerveza au bar jeune et roots du coin, mais c'est lundi et y a donc pas grand monde, d'autant que niveau calendrier je tombe pendant les révisions, et après qu'on ne vienne pas me dire que c'est la fête tout le temps en Espagne – Le bar c'est el Paniagua, un endroit où la bière n'est pas chère et l'ambiance décontractée au possible, on sent qu'ici des histoires se passent, ça respire la vie – On rentre se coucher, bonne nuit à Alvaro, le coloc Brésilien, c'est tout pour ce soir.

 

  Au petit matin, c'est deux jours pas folichons qui frappent à notre époque. Pedro révise et je dois surtout terminer mes deux dossiers pour la fac dans le Nord – Je suis si loin que c'est dur de s'y (re)mettre – D'abord ce dossier sur la mondialisation et l'Arctique ; j'ai choisi de parler des changements qu'engendre cette terrible globalisation sur les peuples indigènes – Sujet choisi après la lecture de «L'Esthétique de l'Arctique», de Michel Onfray, bref les peuples indigènes, c'est plus ce que c'était, faut-il être nostalgique, je crois que oui quand on parle de leur morale de vivre, mais il y a tout de même des changements à qualifier de bon, mais me voilà incapable de me replonger au coeur de ce dossier – Envoyé pile-poil dans la deadline, j'en ai pas fait les trois quarts et pas de bibliographie, mais qu'est que j'en ai à foutre tout ce qu'il me faut c'est décrocher un «E» que l'histoire montre que je décroche – Dossier envoyé donc juste avant minuit, qu'internet est beau ! Puis le dernier dossier avant d'être officiellement en vacances, sur la censure de l'affiche de concert de Saez dans les métros, et ça je le fais plus ou moins bien, car le prof à une attente énorme sur ce travail ; une fois terminé il faut, celui la, que je l'imprime et que je l'envoie par courrier recommandé – Et bien faire tout ça dans la langue de Don Quichotte (je n'en démordrai pas, non) c'était aussi dur qu'un combat contre le cavalier qui surgit hors de la nuit – Tout ça pour décrocher un admirable «B», ouai, terminer par le meilleur. L'avantage c'est que je recommence doucement à me refaire au gout de la bonne bière, bonne bière et pas cher par-dessus le marché, et plus les jours vont plus la chaleur vient plus les bières coulent – et plus nous sommes cools.


  Viens jeudi, ou vendredi, déjà vacancier que je suis hors du temps, je mange et bois un coup chez Ju, l'heure d'un petit bilan pour le premier anniversaire de Metaphoroads, c'est la classe il faut le dire – Pedro nous attend pour continuer la soirée, mais, bien sûr, cette crasse de couple à comme d'habitude la flemme et se désiste, et tant pis pour eux - Je sais qu'a une époque j'aurais fait de même, je sais que je le referai aussi...La nuit se passe doucement je ne sais plus bien comment, je sais simplement que nous avons fini dans une boite avec les dessins animés d'Axtérix et d'Obelix diffusés sur des écrans plats – Etrange nuit.

 

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  Je me lève tôt, car avec Babycakes et Ju nous partons à l'assaut des ombres l'O d'un parc naturel à la frontière avec le Portugal. Ni une ni deux je t'avale la route comme si comme ça et nous voilà en vue du Rio Grande ou presque, puisqu'il s'agit du Rio qui fait séparation naturelle entre les deux pays – Si l'endroit est fort joli, on ne peut que regretter la présence fortuite de ces lignes à haute tension, lignes, qui après une enquête de longue haleine sont présentes par la nécessité d'acheminer vers d'autres territoires l'électricité produite par un barrage hydraulique plus en amont. Qu'à cela ne tienne, l'important c'est d'être ensemble et nous passons une plus qu'agréable journée à gambader nos jambes parmi ces petits paysages, et la chaleur fait parler nos coeurs de nos vies de tout ce pataquès et de qu'est-ce qu'on va bien devenir à la fin – Ouai Bob, la réponse souffle dans le vent.


   Voilà qu'il faut rentrer rapidement car ce soir c'est la fiesta espagnole et j'espère trouver des acolytes de la fête n'ayant pas peur des exams – Bien sûr, bien sûr, le couple ne vient pas sans même prévenir ce qui nous échaude un peu avec Pedro ; et faut bien dire qu'on ne les voit pas beaucoup et bon bref, point de rancoeur pour les coeurs amoureux, à dire aussi qu'on s'attendait à ce qu'ils ramènent le dessert quand même – Bien que le repas d'anniversaire soit quand même une merveille à la française, quelques bonnes boites de canard qu'il faut liquider avant que Pedro ne quitte les lieux lui aussi – Ouai, c'est l'anniversaire de Victor, un chic type, un Mexicain, avec du sang de descendant de colon anglais par sa mère, on communique donc en anglais le courant passe bien – Quand il ouvre son cadeau, je me sens terriblement désolé pour lui, décidément le monde court à sa perte plus rapidement qu'on ne peut le penser – C'est un de ces cadres où des photos numériques défilent, le degré zéro du cadeau, le degré zéro de l'utilisation de la technologie, et comment gaspiller de l'énergie essentiellement pour rien, alors que rien ne vaudra jamais un très conservateur cadre avec une unique photo, mais quelle photo ! C'était mieux avant – Le pauvre feint d'être content, et ça passe, car l'équipe – il n'y a pas que Pedro, quelques Françaises aussi de je ne sais où – a pensé à illustrer la série de photos des aventures qu'ils vécurent ensemble, l'honneur est sauf. Avec la viande et le reste, nous buvons du bon vin, du vin, ah, oui, il faut l'apprécier, car viendra un jour de pénurie et tout sera fini et c'est marre. On file directement dans l'air magique et chaud de Salamanca, et oui, à tout moment nous pouvons croiser Sancho et son fidèle Zorro, tandis que nous entrons à la Chupiteria, blindée de monde, les filles sont belles, les accents latins, et la nuit tiens déjà ses promesses, puisque j'aperçois Coco qui pointe sa tête de mignonne et il n'en fallait pas plus à ma nuit à moi – Je demande ce qu'ils veulent boire et on répond ce que tu veux, alors ils regrettent, car je demande des «diablos verdes» - Des shooters dégueulasses avec des extraits de cannabis, et qui envoient les papilles faire un tour dehors parce que c'est fort et je ne vois pas comment on peut boire ça si ce n'est pour montrer au monde que tous les gouts sont dans la nature alors qu'ils n'y sont pas – Très agréable Chupiteria et tes shooters pas chers, je me souviens de toi et de la suite qui nous a emmenée dans ce bar, le premier dans lequel j'ai mis les pieds, il y a du monde, toutes les bandes fêtardes sont de la partie, et nous buvons des tournées et Pedro s'en va, s'en va car les révisions affaiblissent dis donc drôlement son sang breton, se sont des choses qui arrivent – Je reste, je cause avec des Italiens de l'Italie, avec Coco avec Victor et puis vient le moment ou je rentre et s'en est fini de la fiesta espagnole – Un petit regard nostalgique vers l'étoile Polaire, vers Tromsø, vers Longyearbyen, et une pensée pour un visage d'ange.

Le matin, tout va comme un dimanche, alors que je me remets des émotions, Pedro est déjà remis sur ses révisions. Je me pose sur la terrasse qui donne vue sur la rue, je me mets l'intégrale de Bob Dylan, je prends «Le vagabonds solitaire», quelques cervezas, et le bon temps présent – Ce temps qui passe, ce si bon temps, on devrait plus souvent prendre le temps de ne rien faire et on ne le fait pas – Je repense aussi à cette partie d'échecs polaire, c'est loin tout ça, mais ça existe tellement encore.

 

  Et ce moment espagnol se termine par une partie de bowling – Vous trouverez ma performance sous le nom de Don Diega de la Vega, Zorro traîne toujours dans la nuit ; avec eux un des amis de Ju, Ant – Un mec fort jeune, une espèce d'intellectuel, mais du bon coté, un truc désimbré et on comprend qu'on puisse l'aimer, il a de jugeote et il s'en sert et pas seulement pour son cursus de sciences politiques, un chic type. Puis le dernier soir, c'est une belle soirée chez Ju, chez Ju mais je m'éclipse assez tôt, car c'est la dernière soirée avec Pedro. On se boit du Porto sous les étoiles de sa merveilleuse terrasse qui surplombe la plaza San Justo, l'air est bon et nous refaisons nos mondes, nous refaisons nos filles aussi, celles qu'on a aimées, celles qu'on aime, celles qu'on aimera, et ceux sont elles qui mènent le monde, oaui, ce sont elles qui nous font bouger, qui nous font vivre - s'il y a une vérité, c'est bien celle-là.

 

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   Au petit matin, kenavo à Pedro, l'appel de la Bretagne nous fera revivre j'espère, où bien celui du Sud, loin des ours polaires du Svalbard, bien loin de ces cow-boys en scooter des neiges qui ne rigolent pas avec leurs armes et leurs combinaisons et leur mine d'aventurier à la recherche de l'introuvable trésor blanc, et bien loin aussi de cette belle Espagne accrocheuse – mais alors où est la République, et Barcelone avant la victoire franquiste, où, hein, où est la lumière ? Car avec Pedro, je sais qu'en quelques places dans ce monde nous aurons des grands soirs, c'est au fond notre seule misérable religion aux côtés de l'Amour.


   Bien sûr que j'arrive en retard de quelques minutes chez Ju et on rentre tout presque en force dans la bagnole, toute sa vie matérielle qui rentre dans une voiture, tout cet inutile que nous transportons quand nous avons la place – Moi qui suis redescendu avec pour bagage 20 kilos d'un seul sac et d'un petit autre, ah, je me marre ; faut dire, ne pas savoir jouer de l'harmonica vaut quand même moins bien que de pouvoir refaire en mieux que tous les hommes de l'Ouest ; un petit Moriarty – Tout est chargé, mais avant de retrouver la route vers la France il nous faut encore faire dix fois le tour de Salamanca, car on ne sait pas où on va, Ju n'a jamais eu le sens de l'orientation, tout comme il n'a jamais su comment conduire une voiture, et je le dis, heureusement que je suis là pour fuir ce monde. Il y a ensuite un calme plat jusqu’aux avant-gardes de Bilbao avant de monter le son de l'autoradio pour une séance de Rock'N'Roll, c'est du Led Zeppelin qui, en fait, ne laissera jamais cette fille ce soir, mais c'est aussi comme d'un seul classique Deportivo qui ne sont pas nés du même père de la même salade, oh et sans oublier ce morceau de bandes blanches de 8 minutes à propos de quelques biscuits, incompréhensible et morceau tellement bon – Tout ça avant de manger sur un recoin de route, avant de s'arrêter sur une aire d'autoroute avec un musée sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle parce qu'un jour nous irons gambader dans les montagnes juste pour avoir une noix de Coco (ce n'est pas un fait avéré, mais c'est de là que vient le nom du fruit exotique, oui oui oui) – Encore Toulouse et puis rapidement vue sur la cité de Carcassonne, Narbonne, Béziers, et enfin nous croisons les journaux du midi, et Médiathéque Willinger.


On aurait ensuite pu sortir retrouver des âmes montpelliéraines, mais l'audace du voyageur pour l'aventure connaît parfois des limites – On est resté entre nous, et je suis reparti au matin, exactement comme j'étais parti un autre soir un an auparavant ; en étant sûr que tout allait bien dans le merveilleux monde de ceux que je connais et que j'aime, qu'on ira sur d'autres routes et qu'on fera nos chemins même malgré les incompréhensions inévitables qu'on traverse et non, j'arrive définitivement pas à finir cette phrase, en sera-t-il fini de tout ça, j'aimerai tellement croire que non, mais la vie est une chienne sans maître, et personne ne sait de quelle manière tout ça va mal finir – parce que ça finira mal c'est certain – mais on ne sait pas quand, même si on s'aime, parce qu'on s'aime vraiment, c'est la dernière certitude ici, car il n'est pas bon d'en avoir trop, et c'est la dernière phrase pour cette fois aussi ; que tout dans ce monde, est relié par d'étranges ficelles voyageuses - et alchimistes.

Par Maxxp
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Lundi 5 juillet 2010 1 05 /07 /Juil /2010 17:46

 

  "Vends ta mère, putain", où plutôt, à l'origine, "sale your mother", mais le couple a choisi de traduire l'expression publicitaire de seven-up en français, et c'est vrai que ça envoie du lourd – Avant que mon train ne prenne les rails, sur la poussière des vitres ils inscrivent ce slogan, je n'avais pas vraiment vu tout de suite, c'est une Suédoise en face de moi qui m'a dit de tout lire, et ça m'a fait rire pendant un bon moment alors que nous descendions encore plus au sud de l'Europe, droit vers Copenhague. Si cette blonde avait un joli sourire, je dois dire que je l'ai laissée avec l'homme à ses côtés ; en revanche, j'ai pris soin jusque Malmö de leur chien, un petit Jack Russel nommé Sony. C'est vrai que j'ai toujours aimé les chiens, les chats, enfin, les inhumains, quoi, et depuis que quelques déjà, enfin..., j'aime les animaux.


   Le sud de la Suède n'est franchement pas merveilleux ; c'est ce que j'ai pu constater au travers de mes yeux fermés rêvant à dormir et recharger les batteries pour attraper quelques miettes de Copenhague - Non, il faut attendre la frontière maritime, avec l'Øresundsbron,ce pont survolant la surface de l'eau dans le détroit du Sund, entre Malmö et Copenhague, pour apercevoir la beauté d'une limite qui n'existe pas, après tout, ce n'est pas demain qu'on détruira les murs de séparations terrestres, même en Europe, même en Europe et que penser d'ailleurs, même si Européen que je suis mon passeport m'est comme une carte de séjour internationale, ce que d'autres, beaucoup d'autres, la majorité à vrai dire, n'ont pas.


   Et pourtant, Copenhague est un vent d'espoir, un souffle d'air comme de l'art contemporain pieds sur rue – J'ai «visité» la ville pendant une heure car il fallait enchainer vers Munich avec un train de nuit, mais quel souvenir je garde de cette visite si rapide – Il y a tout d'abord, cette impression que la gare est vraiment perdue, ce qui donne un aspect d'une ville pas forcément attirante, et puis, quelque mètres plus loin, ce parc d'attractions familial où j'imagine un monde faussement parfait en famille, un couple parfait des enfants parfaits et tout le tralalala, mais je continue, je passe sur de larges artères et déjà je suis envahi par la frénésie de cette ville, je vois les entrées de la vraie ville, je sens la folie douce et belle de Copenhague – Mais voilà que je décide de retourner à la gare, de ne pas aller plus loin, de ne pas lier de contacts plus intimes avec cette ville, de peur d'en tomber amoureux et de ne pas «pouvoir» rester plus longtemps – Néanmoins, je me dis que c'est là une excuse parfaite qui prêtera départ à un nouveau voyage dans quelque temps, au même titre que la Russie, au même titre que la Russie, oui...même si la vérité, c'est qu'on ne sait jamais si ce qu'on a effleuré du doigt sera resté intact à notre retour, si et seulement si retour il y a, on ne sait jamais vraiment.


   J'embarque donc dans un train de la Deutsche Bahn et me voilà maintenant dans l'action de quitter la Scandinavie et je constate d'entrée le changement de «standing» ; on passe des trains plutôt bien foutus des réseaux nordiques aux trains des années guerre froide sans même avertir le quidam, et ça c'est inacceptable ! - Et quand je parle de la période guerre froide, ce n'est pas du vent puisque j'entends d'emblée une voie française, jeune pourtant, prononcer ces mots : «Je trouve ça hallucinant qu'on puisse monter dans un train comme ça sans montrer ça carte d'identité» - Il y a de bonnes hallucinations, mon cher ! Le train s'en va et je dis adieu à la plus belle ville du parcours – Peut-être plus belle parce que je n'ai pas voulu la connaitre, peut-être la connaitrais-je qu'elle ne détiendrait plus cette aura presque maléfique, mais je ne la connais pas, ce qui lui donne un avantage certain – Le train sur son début de parcours survole la mer, et m'offre des paysages aquatiques rarement vus, avec le Soleil pour mettre un peu d'aventure ; le Soleil est toujours un gage d'aventure, même un soleil froid, même un soleil gris, il suffit d'un rayon perçant l'orage pour se rappeler dans n'importe quel moment que la vie est avant tout une aventure qui se vit – Et puis je m'endors. J'ai vraiment passé une sale nuit, moi qui ne parle pas un mot d'Allemand si ce n'est que je ne suis pas comme Kennedy un Berlinois et qu'ils n'ont pas de lessive, enfin, je suis incapable de comprendre cette langue qu'ils inventent au fur et à mesure qu'ils parlent, et toutes ces gares avec ces noms que je ne connais toujours pas, ces arrêts de cinq minutes, ce type qui me réveil, et jamais le jour ne se lève, jamais nous arrivons à Munich et ce n'est même pas fin septembre.

 

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   Munich, à part la fête de la bière, il y a le Deutsches Museum un des musées des plus visités d'Europe, et je suis tombé dans le piège – à cons. Il faut voir ça, non, il ne faut pas voir ça, pardi, je vais dire la vérité rien de plus ; c'est un endroit, très grand, avec des centaines de vitrines, avec des maquettes à l'intérieur, et vas-y qu'il faut lire des descriptifs toute la journée...D'un chiant ! Non, il ne faut pas s'attarder dans ce musée, car à elles seules les rues de la ville valent le simple coût d'être vues ; et des églises des cathédrales des vieux bâtiments de la vieille pierre, il y en a à foison, tout autant que des voitures bourgeoises nationales. Je n'ai, du reste, pas rencontré d'Allemand, et c'est très bien comme ça ; avoir écouté des centaines d'écoliers n'en avoir rien à faire du musée – avec raison – m'a largement suffi – Néanmoins s'il y a une chose à rajouter ici, c'est bien de dire que durant ce long séjour norvégien, j'ai appris à aimer la langue de Goethe, je veux dire que j'aime ne pas comprendre quand deux ou trois-quatre Allemands parlent ensemble, c'est devenu presque poétique, alors que c'était plutôt très rude au début ; comme quoi, on se fait à tout.


   On se fait à tout, mais qu'est-ce que c'est bon d'entendre après tant d'absence un bon coup de tonnerre, et de se prendre sur la gueule un orage digne de ce nom, différent du crachin pluvieux ou neigeux de Tromsø – Un bel orage surgit donc et je m'abrite sur ma route et je suis perdu pour trouver la gare, dans l'Université de Munich, je cause le quart d'heure à attendre avec un jeune mec sympa, il se fume une clope et nous sommes donc trois, je sais que ce type est à cet instant mon meilleur ami et que nous sommes là sur la même longueur d'onde – Son vélo me rappelle indubitablement mon junior extrême, le goût du risque, quoi, et puis la pluie cesse et nous retrouvons nos chemins – Mais je suis toujours perdu comme si je devais rester du temps en plus, mais je ne veux pas, alors je demande à quelques passants et je trouve alors la gare, encore un train de la Deutsche Bahn mais un peu plus rempli cette fois ; demain je serai en Italie.


   Je rentre tout de suite en contact avec Peter, un Hollandais qui travaille sur les plates-formes pétrolières en mer du Nord – Il habite dans les montagnes autrichiennes, 15 jours de boulot, 15 jours chez lui – Je l'imagine avec sa femme ses enfants, dans un chalet enneigé avec le bonheur comme hôte permanent – Il me propose une bière, que je refuse par politesse et pourtant, quand j'apprends que c'est son entreprise qui paye après coup, je me mords les doigts, merde, j'aurais dû me faire plaisir, ah, ouh, vraiment, ne jamais refuser ce qu'on te donne mon vieux, jamais, car il se peut qu'à force, on ne te donne plus jamais rien, alors apprends à recevoir, après tout ! Et puis Peter me dis qu'on va se faire contrôler nos passeports tout ça (contrairement à mon trajet précédent), parce que ça ne ratte jamais, depuis qu'il s'est fait attraper il y a 15 ans pour quelques malheureux grammes d'herbe, il se fait tout le temps contrôler, des fois que, on ne sait jamais – Et ça ne manque pas, paf, «papiere bitte» que j'entends et je comprends vite que j'ai intérêt à lui refiler mon passeport dans de brefs délais, avant que ne se joue une scène d'action digne de l'inspecteur Derrick. Peter nous quitte et je suis là avec cet autre gars, un Italien qui lui, n'a pas la causette facile, il ne parle pas bien anglais et que je ne parle pas italien, alors c'est un peu dur la communication. En pleine nuit, je rencontre un couple qui revient de Lettonie, belle lune de miel que le Volcan Islandais Eyjafjöll a fait revenir en train, yeah, ça c'est du voyage de lune de miel, mais quelle idée, aussi, de se marier, enfin, ils sont en pleine galère et sont ruinés, car la vérité c'est qu'ils ont du revenir pour le boulot, sale patron à la con, oui, merci Eyjafjöll pour avoir montré à monsieur Homme toute sa sale faiblesse.


   Nous voilà à Bologne, il faut que je me réveil et que je me tire rapidement de ce train, oui, la gare de Bologne est plutôt sympa et c'est presque l'été, je n'ai pas eu chaud comme ça depuis juillet dernier et la départementale 1083, et c'est dingue d'avoir subitement chaud – Il y a un train pour Rimini dans une demi-heure alors je ne fais sort pas un doigt de pied hors de la gare. Je monte dans le train, et c'est encore autre chose que les trains allemands, c'est du rustre, mais suffisant, on ne va surtout pas se plaindre, parce que Rimini est à porter, plus loin ma destination Pesaro, et revoir ma belle Madonna ; Madonna c'est une dingue d'amie, on s'est rencontré en juillet dernier alors qu'on suivait des cours de norvégien à Oslo, on avait notre petite bande de fêtards et ça donnait à l'époque, la bonne époque, quoi... Rimini, terminus du train. Je me dirige vers les consignes pour bagages, mais je suis en Italie et ses clichés, les consignes, qui sont «automatiques » ne fonctionnent pas – Alors simplement je décide de lâcher la visite de Rimini, tant pis pour Marco Pantani, tant pis pour la chanson, tant pis, tant pis, et tant pis – Rapidement je rejoins Pesaro, où je dois attendre que la belle Madonne sorte du travail – Il est encore tôt dans la matinée, je compte donc visiter par moi-même la ville, mais c'est sans compter sur ma première erreur dans ma marche vers la plage ; je trouve tout de même mon chemin, passe à côté d'un château qui est, en fait, une prison, puis je trouve la plage avec une plage où se trouve la grosse tomate – Il y a des bancs, après une élection donc bancale je m'installe et je ne fais rien, je dors un peu, j'évite les gouttes – Un religieux de tout poil m'arrête, me refile un de ses vieux magazines de témoin de Jéhovah en anglais ; une âme perdue, ouai, je dois vraiment avoir l'air d'un paumé pour qu'un type pareil essaye de me racheter, et puis plus loin en me promenant, un autre gars s'arrête et tout de suite me dit «Jesus loves you man, believe in God !» ; ouai, je suis en Italie et on va me dire que c'est historique.

 

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   Mon sac à dos et moi, on décide alors de visiter le centre ville – Même à cette époque, c'est rempli de touristes, avec une bonne grosse partie de vieux retraités français tous en groupe de 40, ils doivent voyager en bus pour passer le temps, passer le temps, ouai, passer le temps, parce qu'ils ont les moyens de le passer, mais ne font pas plus que de passer le temps, passer le temps... J'attends la Madonna en face du théâtre qui lui est beaucoup plus vieux que ces retraités, mais lui, sert à quelque chose malgré son âge, et ne vient pas polluer la lueur de l'air en réclamant à la vie de les faire vivre – À ce moment-là j'ai une haine terrible pour tous ces vieux qui voyagent comme des poulets en batterie ; mais au moins, ils essayent, et je ne leurs en veux pas parce qu'ils ne savent pas ce qu'ils font, leçon de Jésus, après tout, et je suis en Italie. Et ce matin l'Italie est belle, les vélos et les fiats pandas portent gaiment le reflet des filles ; et moi, là, devant le téatro Rossini, j'attends la Madonna, la belle brune ; et je suis sale je respire ma propre saleté ; et je ne veux rien faire que regarder et comprendre le monde.


   Enfin la Madonna arrive ; gracieuse comme jamais, sortant de sa voiture italienne et c'est quand même une surprise de la voir ici, chez elle, chez elle où elle ne peut en aucun cas ne pas être elle, bien qu'évidemment, je ne l'ai jamais suspecté de travestir aucune réalité, mais on sait bien que loin de chez «eux», les gens ne sont pas les mêmes souvent. Admirable surprise de la voir elle avec toujours cette chevelure si brune et cette allure si italienne ; mais je ne connais rien véritablement de l'Italie, elle est l'Italie en elle-même pour moi. Cinq minutes de route nous emmènent à Candelera dans l'arrière-pays des Marches – Je rencontre la maman de la Madonna qui a déjà préparé le repas : de succulents raviolis, faits maisons et tout – Pendant que mes papilles se régalent je fais cependant une erreur de pratique sans précédent, ouai, je coupe mes raviolis et alors je vois le visage de la mama passer d'une extrême hospitalité à une déception totale et toi le Français tu vas retourner rapidement dans ta Gaulle natale je rigole pas. Comme je capito assez rapidement que j'ai fait une connerie je calme le jeu est raconte cette anecdote qui remonte à Oslo, je ne sais plus qu'elle autre boulette nous avions fait en faisant des spaghettis, mais la Madonna, franchissant la porte s'était emporté terriblement «Ma la pasta, la mamamia la pastaaaaaa!!!», quel souvenir, ouai. C'est ensuite la visite de Candelara, la ville des bougies donc, nous rencontrons un oncle grand supporter du cavaliere, je tombe sous le charme dégoutté d'un mur affichant toutes les prouesses de Silvio, sans déconner, vraiment, voilà qui de mon point de vue m'écoeure pas mal – Candelara a tout du village de campagne qui fait rêver, c'est à cinq minutes de la ville et c'est en fait la campagne, et on y est bien, j'y suis bien.


   On grimpe ensuite dans la véritable voiture de la Madonna, un vieux break qui a fait le tour de monde, du moins c'est à quoi il ressemble – Nous voilà à marcher sur le port de Pesaro, nous avançons lentement sur cette espèce de jetée qui n'est en fait qu'un morceau d'une digue, nous escaladons des rochers, nous prenons notre temps, ce si joli temps Adriatique. Puis elle m'emmène au centre-ville, me cherche un petit bar sympa et c'est au 075 que nous restons le temps de quelques verres de vin blanc ; c'est un endroit classique, de belles images aux murs – Je comprends de suite qu'un serveur va être lourd, il la drague et puis elle me raconte qu'on aurait pas dû venir ici à cause de ce type, mais bon Dieu de dieu, c'est bien les femmes, pour ne pas croiser quelqu'un, elles se jettent dans la gueule du loup histoire que ce soit clair, rien n'est clair pour moi, enfin, nous partons – On rejoint Julia, à vrai dire la seule amie de la Madonna que je verrai durant ces trois jours, et il n'y a plus personne dans la rue seulement la nuit, après tout, c'est tout ce que nous méritons la nuit, la nuit et puis un bouquet de fleurs une tulipe – Quoi de plus typique que la dégustation d'une bonne pizza – Elle me parle d'un garçon qu'elle a vu pendant deux semaines et qui ne veut plus la voir, oublie-le je lui dis, il faut tout oublier, car rien de ce qui est laissé derrière n'existe encore – Sur la plage, il n'y a pas haut dans le ciel d'aurore boréale, et quelque part, oaui, c'est triste comme atmosphère. Je suis là avec la Madonna sur cette plage d'une petite ville italienne de province perdue et je me rends soudainement compte que les gens dans les villes de province sont les plus grands esclaves de ce monde, je ne sais pas, mais ce que je sais c'est que tout est réglé comme une horloge du lundi au vendredi avant d'avoir deux jours de liberté. Vient le chemin du retour où la brune me pose cette édifiante question, «Maxence, why did you come to Pesaro...?» ; derrière cette question en forme de soupire heureux je sous-entends un arrière ton de romantisme mais pourtant je ne suis pas venu pour une histoire d'amour, mais bien pour son amitié à elle, voir son pays voir sa famille ; voir sa vie. J'évite la question autant que se peut et puis c'est probable que je me fasse des idées, c'est orgueilleux et ça fait toujours du bien.


   Pour cette journée de jeudi, j'avais prévu de passé la matinée à Rimini ; il parait que c'est à ça que ressemble l'Italie quand elle est triste le soir – C'était sans compter sur une incompréhension entre la compagnie italienne de train et moi-même, car le train n'est jamais venu et je suis sûr d'une chose c'est que je l'attendrais encore si j'avais persisté sur ce quai de gare branlant (ouai, les quais de gares sont branlant dans ce pays, et ils ont l'allure d'un Far West spaghetti) – Bon vent contre la vapeur je marche donc sur la plage, je prends un délicieux café dans un bar nommé «Roméo», ça ne s'invente pas un truc pareil, j'envoie une carte postale pour la prospérité matérielle quelque part, et puis je marche dans la ville, encore et toujours. À sa sortie du travail la Madonna nous ramène chez elle pour une fois de plus déguster un majestueux repas, soupe de pattes et etc, c'est excellent vraiment...Puis elle m'embarque une de fois de plus dans sa bagnole, cette fois direction Urbino, un village perdu en campagne qui en fait est le siège d'une Université de grande renommée, c'est historique – Nous visitions le palais du Duc du coin, je sais que nous sommes les plus beaux parmi ces gens, mais nous ne sommes «pourtant pas», qu'est-ce que je perds qu'est que je gagne, question affreuse de tous les jours d'une vie – Et puis il y a Saint-Sebastien sur tous les tableaux du château, il trouve toujours un coin pour être sur la photo et en plus il fait le fanfaron avec ses flèches perfides lui traversant le corps là où c'est partout possible. En sortant de là il y a l'orage qui guette puis qui ne guette plus puisqu'il coule à vives eaux sur nous, le temps de courir – et nous sommes terriblement beaux encore – jusque la voiture et au revoir ce village tant pis je reviendrai ou pas, tant pis la pluie.


   Après un long débat ardu sur la prochaine étape de l'après-midi – Aller à Saint-Marin j'aurais bien aimé, être encore ailleurs, si c'est pas ça de vivre – Nous filons sur Faro, côte Adriatique quand tu nous tiens, et l'autoradio danse, «talalala, tuluuulu, et là tu te dis que c'est fini, car pire que ça ce serait la mort quand tu crois enfin que tu t'en sors quand y en a plus et ben y en a encore», je me dis que si j'entends ce truc en Italie, qu'est-ce que ça va être de retour au pays – Ah, mais heureusement que le vent nous a très vite emporté vers d'autres désirs. Fano maintenant, sa plage, c'est plus calme et moins chargé d'hotels touristiques, s'en est presque joli – Nous voilà nous promenant le long du large et la vue sur l'horizon est magnifique, le soleil couchant perçant les nuages menaçants venant droit sur nous tout en nous évitant ; nous marchons joliment, il y a là des amoureux sur d'inévitables bancs publics, bancs publics, bancs publics – Nous faisons demi-tour et nous arrivons alors dans un bar au bout d'une digue, flambant neuf, atmosphère «hype» et ce soir c'est soirée privée, mais la Madonna connaissant le maitre des lieux nous dégote une place en terrasse avec deux petits verres de bière à l'oeil, pour un moment délicieux avec vue sur la Croatie si on l'imagine et on l'imagine, derrière les nuages noirs et le blason invisible de l'horizon.

 

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   Pour le repas du soir nous évitons la table familiale de Candelara, même si nous nous arrêtons pour nous mettre au sec car on ne peux éviter la pluie éternellement – Au menu du restaurant choisi (c'est en fait là où elle travaille le week-end) par la Madonna, il y a du poisson du poisson et surtout du bon vin ; vin que nous buvons avec enchantement et que je remercie, car j'apprends beaucoup de choses – D'abord sur sa vie à elle, pas forcément facile, la tricherie masculine de son ancien amant et c'était pourtant sur le chemin d'en prendre pour toute la vie, puis plein d'autres trucs des vérités sous forme de ragots, la vie de la bande d'Oslo – Je ne savais rien de tout ça, et ça montre comment je suis si souvent à l'Est, trop souvent, et j'ai bien peur que ça ne fasse de moi qu'un pauvre type égoïste, ne dramatisons pas, pourtant, non., non, non..Après avoir dit ciao à la bande de serveurs (il y a parmi eux la meilleure amie de la copine de Valentino Rossi, pour dire) nous filons au coeur de la ville, nous marchons, nous parlons, c'est agréable – Elle insiste pour que je reste plus longtemps, parce que la soirée de demain soir sera franchement classe, mais non, je dois partir demain après-midi, c'est comme ça, il faut en finir un jour et la route du retour est encore longue. Longue mais terriblement belle, comme cette soirée passée avec cette Italienne ; je ne cesse pourtant de lui répéter que sa place n'est pas dans cette partie du monde, ouai, Pesaro n'est pas l'endroit où elle doit vivre, elle vaut tellement mieux, il faut qu'elle parte dès que les finances le nerf de la guerre seront près à batailler encore, car ici, c'est le vide, oaui, le vide et ça raisonne de bêtises, il faut qu'elle reprenne le large et qu'elle garde son anglais si parfais, si rock'n'roll, what the fuck are you doing here, fuck fuck fucking great that you are here in my town...


   Dernier jour en Italie. Je teste la circulation au matin avec la voiture de la Madonna, et la bande fm ne diffuse que de la mierda, la mierda ; je vais voir un instant Rimini et il n'y a rien à voir qu'une côte bétonnée et des plages privées à gogo, encore heureux que je ne sois pas en pleine période estivale, j'évite la chair rouge ensoleillée s'empiffrant de glaces italiennes. Viens les adieux, adieux étranges quelque part, car elle doit déposer des collaboratrices je ne sais où et il y a donc deux filles qui nous surveillent de la voiture – Je ressens une immense gène pour la Madonna, elle aurait voulu que ces filles ne soient pas là, mais d'un autre coté ça empêche un au revoir à l'eau de rose et ça conserver toutes espérances futures, s'il doit y en avoir, intactes – Merci, et pense à fuir de cette ville, arrache-toi encore, tu es faite pour ça ma belle.


   La suite avant l'autre suite n'est pas bien importante ; la gare de Milan qui fait figure de béatitude au milieu de la mochitude de la ville ; un train jusque Dijon (oh Dijon, Dijon-béton, la bourgone, et Auxerre en ligue des champions) rempli d'immigrés magrébins, ils ont le sourire et nous passons une agréable nuit et en sortant je rencontre un couple de vieux ricains retraités fort sympathiques ; la descente jusque Nîmes, puis Alès. Je découvre que mon frère est presque plus grand que moi (mais il triche, ce jeune ado est à la mode presque cheveux longs), que ma tendre mère est toujours belle, et que mon père ce héros est encore vêtu de bleu. Je suis temporairement de retour au port d'attache, c'est agréable par habitude ; la semaine prochaine je pars à la rencontre de Don Quichotte.

 

 








Par Maxxp
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Lundi 28 juin 2010 1 28 /06 /Juin /2010 16:57

 

  Ce 5 mai, terrible nuit pour une fin à Tromsø en beauté festive, mais triste, avec tout ce qu'on aurait pu faire en plus et qu'on n’a pas fait parce que c'est comme ça ; je me lève la tête toujours en éveil et Thibolino s'en va sur une table d'examen et on ne sait pas quand on se reverra ; je me douche, je croise la femme de ménage plusieurs fois car je ne sais plus vraiment où je suis ; je planque les clefs. Dehors, il neige. Il neige, je ne pouvais rêver mieux pour le jour de mon départ – Le bus est en retard ou je suis en avance, j'ai sur mon dos mon sac et tout ce que j'aurai laissé ici n'y est pas, je me pose devant dans le bus. De suite, le bus remonte la colline, tout est merveilleux, je suis heureux et voyant les montagnes et cette putain de neige blanche, et tous ces gens que je laisse pour revoir un jour dans d'autres circonstances, et tous ces amours que je laisse derrière ; je pleure dans ce bus, car c'est encore une fois la fin d'un temps – De même que je lâche des larmes dans le bus qui m'emmène à Narvik, parce que personne n'est plus là pour me serrer dans ses bras, alors que j'aurais serré le monde entier s'il était venu me voir – C'est seul que je me retrouve dans cette gare routière, et la neige tombe encore, et je pars comme je suis arrivé, le coeur seul qui trouvera et cherchera jusque la dernière cigarette qui le tuera une espèce de nicotine qui ose enfin faire durer les choses, mais tout de même j'emmène toutes ces belles amitiés et tout ce qui n'a pas encore était fait avec elles, et d'autres connaissances à développer, voir ce qu'il y a à faire avec tout ça s'il y a du coeur à tirer. Dernière image, dernière traversée du centre-ville de Tromsø, et dernier passage sur le pont, je franchis cette fausse cathédrale arctique qui ne brille que parce qu'elle est aurore boréale et que l'île tout entière est dernière moi. Je revois la route que j'ai faite si peu de fois mais si souvent remarquable, entre Tromsø, sur la E8, et ce croisement avec la E6 où il faut choisir entre se perdre encore plus au Nord, ou bien essayer de se retrouver au Sud – Toutes ces montagnes, blanches et regardant la mer depuis tant d'années me rendent déjà nostalgique, et puis une fois de plus effleurer Senja la méconnue (et c'est très bien pour ceux qui la connaissent ; c'est en ça qu'on aime la fidélité, une certaine idée de la pureté exclusive, mais en fait, qu'est-ce qu'on en a à foutre de l'exclusivité ?) et vient déjà le croisement avec la E10, quoi, on retournerait bien à Å dans n'importe quelle circonstance, tendre le pouce pour voir encore. C'est vers la Suède qu'il faut aller, mais on n’y va pas, car on continue sur la E6 laissant la E10 pour les amateurs d'Ikéa en voiture – Le fjord dans lequel Narvik est lové est large et long, c'est fou de voir que l'on ne fait sur ces routes du Nord que de contourner des fjords, des heures pour de simples vols d'oiseau – Il y a ce pont que nous avions franchi par deux fois déjà, c'était avec Ol, Laurette et Pina, je m'en souviens comme hier, et rien n'importe plus que ces routes entre amis où seule la vie compte ; ce pont, le bus me le fait franchir pour la troisième et peut-être (peut-être) dernière fois ! Magistrale...


   Narvik, un quai de gare arctique ; un train de marchandises attend son départ ; les fruits des mines suédoises remontent jusqu'ici pour être acheminés par l'océan – Tous ces milliards de tonnes de fer ont un jour fait la guerre. Il y a là-bas, la contrôleuse de la NSB, les trains norvégiens – Blonde, surement très belle, mais je ne vois pas bien d'ici – Le train arrive et je monte alors, je trouve ma place après avoir croisé deux types noirs qui respirent eux aussi la sympathie, mais je n'ai pas vraiment envie de taper la causette, il y a plus d'une bonne nuit de voyage et j'ai du pain sur la planche. Il faut d'abord que je profite des paysages, du fjord de Narvik. Le train part, il file, monte progressivement les montagnes, tourne – Il s'arrête toutes les cinq minutes dans des gares de hameaux encore ensevelis sous la neige de mai, des villages tellement westerns qu'on peut se rendre compte que ce n'est sûrement pas la Scandinavie qui copie la grande Amérique, mais l'inverse ; et la preuve en est aussi par ces passages couverts, qui feraient pâlir un Clint Eastwood en rut parmi les Bridges of the Madison County. Jamais je ne repasserai par là, il y aura bien d'autres eaux, d'autres fontaines à boire, pourtant la nostalgie frappe par la beauté des lieux – Un héros de western ou autre, oui, à cet instant, je suis Clint Eastwood, qui à la fin du film s'en va, parce que tout cet amour est impossible à vivre peut-être, alors je m'en vais, je rentre chez moi, ce que je crois être chez moi.

 

  Le temps passe et les montagnes filent, tout commence à s'aplanir, la neige persiste. Pendant que nous passons la file minière de Kiruna en Suède, je travaille sur un dossier que je dois avoir fini pour la mi-mai, plus un autre que je n'avais toujours pas commencé – Faire les choses au dernier moment, ça occupe l'esprit, mais ça bloque toute possibilité de faire autre chose de sérieux ; la vérité, c'est que j'en rien à foutre des ces papiers, ces notes, qu'il faut rendre pour être, justement, noté... Sur quoi je m'endors sur les Lettres ennuyeuses d'un voyageur de George Sand, après avoir dévoré la fine tranche de Théorie du voyage écrit par ce Michel Onfray qui fait couler beaucoup d'encre noire dans les journaux – Toujours est-il que je veux dire mon désaccord avec lui, non, l'avion n'est pas un beau moyen de transport, point, sans explication, je me sauve. J'ai donc dormi toute la sainte nuit ou, du moins ce que la descente vers le sud m'a permis de voir d'obscurité. Le matin, avant d'arriver, les lueurs de l'aube déjà passées, je peux voir la Suède, des lacs, du plat, des maisons de bois, c'est charmant.

 

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   Et puis j'arrive à Stockholm centrale, une belle gare, je sens déjà l'atmosphère de la ville me prendre – C'est une grande ville, une capitale avec toute la beauté de la mixité contemporaine, mais les gens courent, oui ils courent, mais pourquoi, vers quoi courent-ils... Je dois voir ma copine Claquette, qui bien sûr est en retard, mais qui quand elle arrive, n'est pas seule : elle a, à son bras, une de ses plus belles rencontre que l'on fait lors d'un séjour à l'étranger, un Roméo d'un autre pays ; Phil est Allemand, et m'a l'air d'un chic type de suite – Je suis heureux de voir Claquette heureuse, comme l'impression que je vais passer quelques jours agréables dans cette capitale scandinave. Claquette nous viens d'Avignon et passe donc son année en éramus à Stockholm, plutôt la banlieue de Stockholm, exactement avec l'Université de Södertörns. Elle doit son surnom à une vielle histoire que j'ai oubliée, mais pour moi, c'est surtout la plus belle claque que j'ai reçue dans ma vie, avant de partir au Nord, une fête trop arrosée où j'ai vraiment déconné, d'ailleurs l'instruction est toujours en cours pour savoir le fin mot de l'histoire quant à la spoliation totale d'un des dossiers papier du père en fin de soirée, et je plaiderai innocent toute ma vie, car je ne me souviens de rien, de rien du tout, je sais juste que ça n'est pas moi, j'ai trop d'amour pour tout ce qui est papier, après tout.

 

   Revenons à nos moutons suédois, il fait donc beau à Stockholm le jour où j'arrive malgré les premières chaleurs du printemps, Claquette est «comme un bichoco, chaud et froid !», c'est là que je la retrouve, avec ces expressions qui n'ont pas de sens, mais veulent tout dire ; c'est vrai qu'il y a tout de même un air frais, qui me rappelle mon Nord et il n'y a pas de neige ici, s'en est fini de la pureté, tout sera dorénavant si impure, au revoir l'immaculé des fjords de mon Nord. Claquette et Phil, son bel arien surement bon à tout, me font prendre le pendeltag, le train de banlieue, le RER du coin, quoi, pour rejoindre leur cité universitaire, soit Björnkulla, un coin de paradis scandinave dans une forêt de banlieue – C'est calme et pas trop loin de la station de pendeltag, les cuisines sont franchement bien, ça donne envie de vivre avec son voisin et de se connaitre. Claquette me présente sa coloc, Élisa, blonde germanique suractive, qui vous fait peur au réveil, mais qui vous enchante le soir des étoiles venu. Une douche et c'est parti pour un tour en ville, enfin je découvre la Venise du Nord, il parait ; c'est véritablement charmant et le soleil au travers des îles ne donne qu'envie de se promener, alors on se promène, on parle du passé – il faut savoir effacer les histoires comme le maître d'école efface le résultat mathématique toujours improbable de 2+2 – du présent à l'avenir, et ça me fait plaisir de voir que le monde bouge comme il se doit, entouré d'amour et sans toutefois se retourner – Phil et moi on commence déjà à bien s'entendre et ça n'ira que de mieux en mieux au travers des petits jours. La soirée n'est que plus calme, je rencontre quelques étudiants étrangers, quelques Suédois, mais je n'accroche pas vraiment avec eux, il manque quelque chose de réel dans leur monde, monde qui devait être aussi le mien à Tromsø, c'est d'ailleurs ce manque de réel dans les yeux des gens qui a dû me faire partir. Les gens croient tellement que leur année à l'étranger n'existe pas...Seuls ceux qui le vivent vraiment s'en rendent compte, ou je délire.

 

   Le lendemain, nous allons visiter le Vasi Vasa, le plus beau bateau Suèdois jamais construit, qui a fait naufrage après 200 mètres de voyage entre deux îles de la capitale suédoise...Tout ça, c'est historique, il ressort que c'est un magnifique musée, le Louvre de Stockholm en quelque sorte, on y trouve le monde entier en admiration devant un naufrage, même le Concorde a plus de mérite de mon avis personnel, mais tout de même, chaque peuplese raccroche à ce qu'il peut pour montrer son histoire. À midi nous mangeons chez Max, le fast food national – Sur le menu, il y a exactement le poids en carbone que tu gâches quand tu manges ton hamburger et bois ton coca ; c'est ça, l'avenir de la restauration rapide. Le soir venu après une bonne sieste bien méritée, nous prenons l'apéro, avec Phil, qu'est véritablement devenu mon ami, je crois, et rien qu'entre nous nous fumons une de ces cigarettes qui doivent emmener loin – Il y a aussi cet alcool qui se boit pur, au goût fort d'anis et c'est merveilleux, il y a bien sur une arrière pensée de pastis, tout ça est délicieux. On finit par partir prendre le pendeltag et puis il nous faut prendre un taxi, et personne ne sait où aller et personne ne veut regarder les étoiles, ils ont les yeux fixés sur le GPS mais ne trouvent pas – Tardivement, on arrive à Riksten, une cité universitaire donc, la soirée n'a pas l'air folichonne, tout le monde continue de boire, et je commence à sortir de la fête et ressens de l'ennui, de ce monde où les gens n'y croient pas, encore cette impression terrible – Mais j'aime descendre dans la laverie rejoindre ces fumeurs qui rêvent dans la fumée, et je rêve avec eux – Dehors aussi, Phil est tellement à l'ouest qu'il se pisse dessus, forcément, « Le vent venait de la gauche !» qu'il nous a dit, oui surement, le vent vient de toute façon toujours de la gauche. Quelques pitreries plus loin, après avoir refait un remake du IIIe Reich avec Phil et Claquette, après avoir hanté les couloirs en passant l'aspirateur, rien ne va plus et un taxi nous ramène.

 

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   Lendemain, rapide déjeuné et je file en ville ; il pleut, c'est gris, triste, dans les rues il y a tout de même pas mal de touristes, des gens, le parlement brille tout de même de toutes ses lois – J'en profite pour saluer sur leurs terres les magasins H&M ; les rues commerçantes, c'est important à voir dans chaque coin du monde, même si tout se ressemble tellement qu'on se croirait dans chaque rue la même. Je rentre et je suis partant pour jouer au foot, on se fait un petit match, c'est un peu black blanc beur à la Suèdoise, beaucoup d'immigrés à faire pâlir un Jean-Marie, et ça joue bien.


   On est samedi et je pars demain, alors ce soir c'est sortie dans un bar du centre-ville – Claquette, fatiguée de la veille, ne se joindra pas à nous – On prend l'apéro devant un match de foot à la TV, je ne sais plus qui a gagné ni même joué, je me rappelle des quelques bières, puis nous avons pris le bus – En ville nous marchons pas mal et je fais la connaissance de Greg, plus ou moins un Montpellierain, nous accrochons d'abord car nous avons en commun l'Australie, la belle île presque continent, visité en 2006-2007 – On attend beaucoup trop dans la file d'attente de je ne sais plus quel bar, alors nous partons vers un autre bar ; quelques stations de métro plus loin, nous somme au Marie Laveau, un endroit branché de la vie nocturne qui dès l'entrée vous perce le porte-billet – Mais il y a du monde et des filles, des blondes scandinaves à ne pas savoir qu'en faire, et l'alcool nous guide au coeur de nous-mêmes, celui-là même que nous trouvons sur les tables jusque derrière le bar. Le groupe se disperse dans la foule, et je danse, certainement seul, entre les cigarettes que l'on fume dehors, et puis, et puis, je veux partir, je trouve Phil qui est d'accord pour prendre la fuite, nous fuyons. On trouve un coin de chaleur dans la maison sainte du Roi du Burger ; on manque de faire la guerre à un sale type qui se montre folichon avec Phil – Pacifistes toujours nous partons, dehors, à l'arrêt de bus, il y a une blonde, peut-être belle, et elle prend le bus avec nous, nous sommes chiffons-carpettes, Phil me réveille et on traverse alors les bois pour rentrer à Björnkulla, il fait froid.


   La sensation, cet arrière-goût d'alcool derrière l'odeur froidement crasseuse du tabac, tout ça vous dit que vous avez passez une nuit agitée, mais il est déjà l'heure pour moi de quitter la Suède, dire au revoir à la Scandinavie, ha det bra. Encore la gare, Claquette me fat remarquer que j'ai une bonne haleine d'alcoolique pour mes voisins de voyage ; que je sois pardonné. Je lui offre, en guise d'adieu, mon ruban lumineux qui m'a surement sauvé la vie quelques fois dans la nuit noire boréale – Adieu Claquette, adieu Phil, ce fut un agréable moment ; Vends ta mère, putain.

Par Maxxp
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